vâyu

Vāyu : dieu du vent, lien entre ciel et hommes

Dans les textes védiques, Vāyu est le dieu du vent. Invisible mais toujours présent, il traverse les mondes, relie les espaces et anime tout ce qui vit. Il est l’un des plus anciens dieux mentionnés dans le Rig Veda, et son rôle est central dans la cosmologie spirituelle de cette époque.

Vāyu est avant tout un souffle. Il est l’air qui entre dans les poumons, le vent qui fait danser les arbres, la brise qui accompagne l’aurore. Ce n’est pas un vent brutal, mais un souffle vital, subtil, mystérieux. Il est appelé prāṇa, le souffle de vie, celui qui circule dans tous les êtres vivants. En cela, il est à la fois force de la nature et principe intérieur, physique et spirituel.

Il est aussi le messager entre les mondes. Le vent traverse le ciel, touche la terre, et monte jusqu’aux hauteurs invisibles. Grâce à lui, les hommes peuvent entrer en contact avec les dieux. Lors des rituels védiques, Vāyu précède souvent Agni, le feu. C’est lui qui transporte les offrandes, les parfums, les intentions vers les hauteurs célestes. Il est donc un lien, un pont, entre l’humain et le divin.

Dans certains hymnes, Vāyu est aussi décrit comme rapide, libre, infatigable. Il conduit un char tiré par des chevaux rapides comme la pensée (Rig Veda I.134). Il est honoré aux côtés d’Indra, le roi des dieux, ce qui montre sa place importante dans l’ordre cosmique.

Enfin, sur le plan intérieur, Vāyu correspond au souffle dans le corps. Dans les yogas anciens, on apprend à contrôler le souffle pour apaiser l’esprit, éveiller l’énergie, et atteindre l’illumination. Ce souffle, c’est Vāyu. Il ne s’agit donc pas seulement d’un dieu extérieur, mais d’une force intérieure qu’on peut sentir et apprivoiser.


Quelques hymnes du Rig Veda où Vāyu est évoqué :

  • Rig Veda I.2.1 : 1 – Vâyu, digne d’être vu, viens. Les jus de soma1 sont convenablement préparés. Bois-les, écoute notre appel.
  • Rig Veda I.134.1 : 1 – Ô Vâyu, laisse tes Chevaux rapides t’amener rapidement et avec joie ici avec les anciens buveurs de soma, oui, les anciens buveurs de soma. Que ce Bonheur soit élevé et que ton esprit obtienne la connaissance. Viens avec ton char tiré par deux Chevaux au cadeau2, Ô Vâyu, au cadeau que donne le sacrificateur.
  • Rig Veda X.169.4 : «4 – Daigne, nous donner cette Richesse comme récompense gagnée par le plus puissant don. Puissent les hymnes qui te réjouissent gonfler le sein de Vâyu d’où coulent les douceurs3 avec les Énergies.

Vāyu, en tant que souffle, relie le visible et l’invisible. Il est partout, mais on ne le voit pas. Il est un dieu, mais aussi un principe intérieur. Il relie le ciel, la terre et le cœur des hommes.

1Boisson contenant du lait et des psilocybes.

2Au soma.

3Le soma. Le soma est qualifié de douceur grâce au lait que l’on y mélange.


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