sarasvatî

Le rôle de la Sarasvatî dans la spiritualité de la civilisation des 7 Rivières

La Sarasvatî occupe une place centrale dans la spiritualité de la civilisation de l’Indus, témoignant de son importance tant sur le plan religieux que culturel. Mentionnée dans le Rig Veda, elle est la seule rivière personnifiée comme une déesse et joue un rôle majeur dans les hymnes védiques. Son association avec la connaissance, la pureté et la prospérité reflète son importance pour les peuples de cette région.

1. La Sarasvatî dans le Rig Veda et le Nadi Shukta (10.75)

Le Nadi Shukta du dixième mandala du Rig Veda (10.75) dresse la liste des rivières sacrées de l’Inde ancienne, parmi lesquelles la Sarasvatî est citée avec une révérence particulière. Ce texte la présente comme une rivière majestueuse, aux eaux abondantes, qui coule avec force et fertilise la terre.

Le Rig Veda insiste sur son caractère unique en tant que rivière védique suprême, illustrant son rôle non seulement physique, mais aussi spirituel. Elle est décrite comme un flux de sagesse et d’inspiration divine, évoquant l’idée que sa disparition progressive symbolise un éloignement de la vérité spirituelle védique.

2. La seule rivière déifiée : Rig Veda (6.61)

Dans l’hymne 6.61 du Rig Veda, la Sarasvatî est explicitement vénérée comme une déesse, ce qui la distingue des autres rivières mentionnées dans les textes anciens. Elle est dépeinte comme un fléau pour ses ennemis, dotée d’une puissance destructrice mais aussi nourricière.

Son rôle en tant que déesse de la parole, de la sagesse et de la connaissance s’est perpétué à travers le temps, donnant naissance à la Sarasvatî vénérée dans l’hindouisme moderne comme la déesse de l’apprentissage. La fusion entre l’élément fluvial et la dimension intellectuelle illustre l’idéal védique selon lequel la réalité matérielle et spirituelle sont intimement liées.

3. Lieu d’implantation des Purus (Rig Veda 7.96)

L’hymne 7.96 mentionne les Purus, l’une des tribus védiques majeures, établies sur les rives de la Sarasvatî. Cette implantation reflète à quel point la rivière était cruciale pour la vie socio-religieuse des anciens habitants de la région. Les Purus, considérés comme les ancêtres des Bharatas, formaient une des lignées les plus importantes du monde védique. Leur présence sur les berges de la Sarasvatî souligne la centralité de cette rivière dans le développement de la pensée védique et de la spiritualité de la civilisation de l’Indus.

L’assèchement progressif de la Sarasvatî a contribué à la dispersion des populations et à la transformation de la tradition védique. Son assèchement vers 1900 avant notre ère coïncide avec la fin de la civilisation des 7 rivières, car la majeure partie des villes étaient situées sur ses rives. Cette disparition a entraîné un déclin des centres urbains et une migration des populations vers d’autres régions, marquant la fin d’un âge d’or.

Conclusion

La Sarasvatî représente bien plus qu’une simple rivière pour la civilisation de l’Indus et le monde védique. Sa déification dans le Rig Veda, son rôle dans la vie des Purus et son évocation dans les hymnes védiques en font un symbole de continuité spirituelle et culturelle. Son association avec la connaissance et la parole montre que, pour les peuples de l’Indus, l’eau était non seulement une source de vie physique, mais aussi une source d’illumination spirituelle.


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