
Dans le Rig Veda, Mitra et Varuna forment un couple inséparable.
Ils ne représentent pas des dieux au sens religieux moderne, mais deux principes fondamentaux qui organisent la vie humaine et le monde.
Ensemble, ils relient :
- les relations entre les humains,
- et l’ordre profond de l’univers.
1. Mitra : le contrat entre les hommes
Mitra est lié à :
- l’amitié,
- la parole donnée,
- les accords,
- la confiance.
Mitra veille à ce que les engagements soient respectés.
Il représente ce qui rend la vie collective possible :
la capacité à tenir parole, à coopérer, à vivre ensemble sans violence permanente.
Sans Mitra, il n’y a plus de société, seulement la méfiance et le conflit.
2. Varuna : l’ordre cosmique et la vérité
Varuna incarne :
- l’ordre cosmique (ṛta),
- la vérité,
- la loi naturelle,
- ce qui entoure et englobe tout.
Varuna voit tout.
Rien ne lui échappe : ni les actes, ni les intentions.
Il n’est pas un juge moral, mais le gardien de l’équilibre.
Quand l’ordre est rompu, les conséquences suivent naturellement.
3. Deux niveaux d’un même principe
Mitra et Varuna ne s’opposent pas.
Ils agissent à deux niveaux d’un même système :
- Mitra régit les relations humaines visibles,
- Varuna maintient l’ordre invisible qui soutient le monde.
Un contrat humain juste est en accord avec l’ordre cosmique.
Un contrat injuste finit toujours par se briser.
4. La faute et la réparation
Les hymnes à Varuna montrent un point essentiel :
l’erreur est possible, mais elle peut être reconnue.
L’homme peut se tromper, rompre l’ordre, mentir, abuser.
Mais la reconnaissance de la faute ouvre la voie à la réparation.
Ce n’est pas la punition qui compte, mais le retour à l’équilibre.
5. Une lecture très actuelle
Aujourd’hui, les contrats sont partout :
- contrats économiques,
- contrats politiques,
- contrats sociaux.
Quand ces contrats ne respectent plus l’ordre du vivant,
quand ils servent quelques-uns au détriment du tout,
ils deviennent destructeurs.
Mitra et Varuna rappellent une règle simple :
- aucun contrat humain ne peut durer s’il viole l’ordre naturel.
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