
Dans les hymnes védiques, Varuna n’est pas une divinité spectaculaire.
Il ne frappe pas, ne combat pas, ne tonne pas.
Il entoure.
Varuna est la force qui maintient le monde en ordre,
celle qui lie le ciel, la terre, les eaux et les êtres vivants
dans une cohérence invisible mais implacable.
1. Varuna : « ce qui entoure »
Le nom de Varuna renvoie à l’idée d’enveloppement, de liant, de ce qui contient.
Dans le Rig Veda, Varuna n’est pas localisé :
il est partout où l’ordre existe.
Il est associé :
- au ciel nocturne,
- aux eaux profondes,
- aux lois invisibles qui régissent le monde.
Varuna n’est pas un dieu personnel.
Il est un principe cosmique.
2. L’ordre cosmique avant la morale
Les hymnes parlent souvent de Varuna comme du gardien du ṛta.
Le ṛta n’est pas une morale au sens moderne.
C’est l’ordre naturel des choses :
- le cycle des jours et des nuits,
- le mouvement des astres,
- la cohérence entre les actes et leurs conséquences.
Varuna ne punit pas par colère.
Il rétablit l’ordre quand il est rompu.
3. Varuna et la vérité
Varuna est étroitement lié à la vérité.
Mais là encore, il ne s’agit pas de vérité intellectuelle ou idéologique.
Il s’agit de vérité intérieure.
Dans les hymnes :
- Varuna voit tout,
- rien ne peut lui être caché,
- ni les actes, ni les pensées.
Ce regard n’est pas oppressant.
Il est clarifiant.
Mentir, c’est se désaccorder de l’ordre cosmique.
Dire vrai, c’est se réaligner.
4. Une relation intérieure, pas un culte de la peur
Certains ont voulu voir en Varuna un dieu sévère.
Les hymnes disent autre chose.
Ils parlent de :
- confiance,
- appel à la compréhension,
- désir de rester en accord avec le monde.
Les rishis ne craignent pas Varuna.
Ils cherchent à vivre juste, au sens cosmique du terme.
5. Varuna, une conscience qui englobe
Varuna représente une conscience large, silencieuse, stable.
Une conscience qui :
- englobe sans juger,
- maintient sans contraindre,
- ordonne sans dominer.
Dans une civilisation où l’ego n’était pas central,
Varuna rappelait que l’humain fait partie d’un tout plus vaste.
Conclusion
Varuna n’est pas un juge moral.
Il est l’ordre même du monde,
la vérité qui relie les êtres à ce qui les dépasse.
Ses hymnes ne parlent pas de soumission,
mais d’accord.
Quand l’humain agit juste,
il est en paix avec Varuna,
parce qu’il est en paix avec le réel.
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