
Dans les hymnes védiques, Soma occupe une place centrale.
Il est bu, chanté, pressé, filtré.
Il illumine l’esprit et dissout les peurs.
Mais une question demeure, encore évitée par beaucoup :
qu’était réellement Soma ?
Les hymnes donnent plus d’indices qu’on ne le croit.
1. Soma n’était pas une boisson ordinaire
Dans le Rig Veda, Soma n’est jamais décrit comme une plante classique.
Il est dit :
- sans feuilles,
- sans fleurs,
- sans graines,
- sans racines visibles.
Il ne pousse pas comme un arbuste.
Il ne se cultive pas comme un champ de céréales.
Un terme revient souvent pour le désigner : amśu.
Amśu signifie fibre, filament, tige fine.
Ce mot correspond parfaitement à un champignon, et non à une plante.
2. Soma et le psilocybe
Les descriptions védiques concordent avec un champignon enthéogène, très probablement un psilocybe.
Pourquoi ?
- croissance rapide après la pluie,
- absence de feuilles et de graines,
- structure fibreuse (amśu),
- effets directs sur la conscience.
Les hymnes décrivent des effets typiques :
- dissolution de l’ego,
- visions lumineuses,
- sentiment d’unité,
- disparition de la peur de la mort.
Il ne s’agit pas d’ivresse alcoolique.
Il s’agit d’une expansion de la conscience, nette et lucide.
3. Une ivresse sacrée, pas un abrutissement
Oui, les hymnes parlent d’ivresse.
Mais cette ivresse est sacrée.
Elle ne brouille pas l’esprit.
Elle le rend clair.
Sous Soma :
- la parole devient inspirée,
- la pensée se simplifie,
- la compréhension est immédiate.
Les rishis ne « composent » pas les hymnes :
ils les reçoivent dans cet état de conscience ouvert.
4. Soma pour tous, pas pour une élite
Contrairement à ce que l’on a longtemps affirmé, Soma n’était pas réservé à une caste.
Les riches et les prêtres avaient des rituels publics.
Mais les gens simples pouvaient consommer Soma chez eux, avec ou sans prêtre.
L’illumination n’était pas un privilège.
Elle faisait partie de la vie normale de la civilisation des 7 Rivières.
5. La disparition de Soma : vers 2200 BCE
Soma ne disparaît pas par hasard.
Vers 2200 avant notre ère, une sécheresse intertropicale majeure frappe toute l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Cette crise climatique entraîne :
- l’assèchement de nombreuses rivières,
- l’effondrement de cultures entières,
- la disparition progressive du Soma à l’état naturel.
Sans Soma :
- l’expérience directe de l’illumination recule,
- les rituels deviennent mécaniques,
- la spiritualité se rigidifie.
C’est un tournant majeur.
Conclusion
Alors, Soma était-il une ivresse ?
Oui.
Mais une ivresse sacrée,
liée à un champignon enthéogène,
intégrée à une civilisation où la conscience comptait plus que le pouvoir.
Sa disparition, autour de 2200 BCE, marque la fin d’un monde :
celui où l’illumination était vécue, et non théorisée.
Le Rig Veda n’est pas un mythe.
C’est la mémoire d’une expérience humaine réelle —
aujourd’hui largement oubliée.
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